SPECTATEURS ET SURTOUT PAS ACTEURS
Nous actons que Danielle Simmonet (députée de la 15e circonscription de Paris), au même titre qu’une grande partie des élus de gauche, se complait dans une approche du soin validiste et réactionnaire, entièrement tournée vers les seules revendications des soignants. Cette approche réduit les handicapé.e.s et les malades chroniques à l’état de pauvres petites choses spectatrices et dépendantes de la générosité d’élus censés les représenter. La façon particulièrement déplacée de s’adresser à nos militants en était un premier indice, lors de notre prise de contact à la Flèche d’Or le 20 janvier dernier. Le mélange de commisération et d’infantilisation était à peine masqué, et il s’est vu confirmer par la suite.
LA STRATÉGIE DU SILENCE
Cette prise de contact avec, comme entrée en matière, ses prises de position au sujet de la fin de vie, s’est prolongée lors d’une entrevue à sa permanence en présence de deux de ses collaborateurs, pour s’achever par un silence caractérisé et répété de sa part et de celle de son équipe, malgré nos relances.
Ce silence est d’autant plus assourdissant que Danielle
Simmonet est connue pour se montrer particulièrement active sur le terrain et dans les luttes locales de sa circonscription. Nous rappelons que l’association CLE Autiste occupe un espace dans la Résidence de l’Accessibilité à la mairie du 20ème arrondissement, et est donc inscrite sur le territoire en question. C’est donc sciemment que cette députée ignore une partie de la population qu’elle est supposée représenter.
IMPASSE À GAUCHE
L’incapacité de la gauche à problématiser le soin, son dégoût historique pour tout ce qui s’éloigne de l’idéal d’un corps fonctionnel et militant, n’est certes pas nouvelle (jacobinisme sanitaire, accointance avec les groupes gestionnaires et désintérêt marqué pour les luttes des travailleurs en ESAT). Néanmoins, l’espace créé à gauche ces dernières années nous avait laissé croire, à tort, qu’il était possible d’investir des partis comme la LFI pour sensibiliser aux questions de handicap, d’accessibilité et surtout à l’impasse du modèle ségrégatif français.
Néanmoins, l’adoption de la loi fin de vie, le 27 mai 2025, marque un tournant dans les velléités eugénistes de la gauche. Déjà bien amorcée par la crise du Covid et le débat sur la réintégration des soignants non vaccinés, la mise en danger des populations malades chroniques et handicapées a atteint un point de non-retour avec l’adoption de cette nouvelle loi. Quant au débat parlementaire, Danielle Simmonet s’y est vautrée avec un volontarisme (pour ne pas dire un enthousiasme) qui soulève le cœur. Son rejet des amendements censés encadrer plus efficacement le texte parle de lui-même, de même que l’inclusion d’une disposition rejetée, relative au droit à l’aide à mourir selon laquelle les patients qui y auraient recours seraient « réputés décédés de mort naturelle » sur leur certificat de décès.
LA HAINE DU HANDICAP
Au-delà de l’expérience désastreuse (mais révélatrice) avec Danielle Simmonet, c’est bien l’ensemble des militants antivalidistes français qui se sont vus silenciés ces derniers mois par une gauche obnubilée par l’idée de remporter une victoire électorale dérisoire à présenter à son actif dans 2 ans… quitte à escamoter les faits, à reprendre mots pour mots les éléments de langage de L’ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité). Apogée de ce positionnement : l’orientation des débats de façon à faire croire que la seule opposition à ce projet était réservée aux réactionnaires et catholiques intégristes.
BAS LES MASQUES !
Alors qu’en matière de politique du handicap tant reste à faire, la gauche a sciemment choisi de soutenir la loi fin de vie tout en dénonçant l’effondrement du système de santé… Et en oubliant visiblement que le droit opposable aux soins palliatifs, qu’elle brandit comme une garantie, risque de connaître le même chemin que celui du droit opposable au logement.
Interrogé sur la place du handicap en 2022, Jean-Luc Mélenchon répondait « Celle qu’il se donnera à lui-même » ; « si les citoyens ne font rien, ils n’auront rien ». Cette séquence nous prouve de façon éclatante qu’au-delà du paternalisme autoritaire de la gauche, celle-ci a bien l’intention de garder la main sur les questions de handicap, et ce alors même qu’elle a montré à maintes reprises son inculture crasse sur ces questions (voir l’indigence de la PPL « loi accessibilité » de la LFI)
CLE Autistes Ile de France
