*Ce texte est une traduction d’une autiste non parlante argentine Michay Lew. La version en espagnole est publiée ici

Le terme non parlant est traduit directement à la place de non-verbal car le français élude le fait que posséder le verbe n’implique pas que l’oralisation.

« Chère Maman… », tel commence à chaque fois Marcos Mundstock, du groupe [argentin] les Luthiers:

Si votre enfant autiste communique avec des dessins, son corps, en langue des signes, par la musique, par l’ écriture, par la danse, en morse ou autre, il n’y a alors rien à craindre. Cela signifie que votre enfant pourra s’exprimer suivant sa convenance et ses besoins et ne ressentira pas d’oppression intérieure, celle qui génère une frustration intense de devoir communiquer quelque chose d’important sans disposer des moyens pour le faire.

Si vous, par paresse, ne voulez pas apprendre la langue de votre enfant au risque de ne pas communiquer, alors je n’ai plus rien à vous dire (poliment). Si vous essayez de normaliser sa forme d’expression par crainte des conséquences sur son intégration  sociale, le forçant à ne communiquer que par l’oralité, et que votre enfant n’y parvient pas ou le fait au prix de la négation de son propre fonctionnement, vous le condamnez à  la pire exclusion, et cela ne sera d’aucune utilité pour votre enfant ou pour vous.

La meilleure chose que vous puissiez faire est de permettre à votre enfant de s’exprimer de la manière qu’il trouve la plus naturelle, en lui donnant différents outils pour trouver sa propre forme de communication (morceaux de plastique, par la musique, le mouvement, etc.) et de grâce en le laissant explorer l’environnement par lui même, surtout dans ses premières années jusqu’à ce qu’il ait confiance en lui.

Ensuite, s’il a la liberté et l’indépendance de trouver et de développer sa propre méthode de communication, il aura suffisamment confiance pour pouvoir communiquer avec les autres , là où il en a besoin, là où il le veut

Et à l’intérieur de votre maison, rappelez vous qu’apprendre à communiquer avec votre enfant dans la langue qu’il maîtrise c’est comme apprendre une autre langue, avec tout ce que cela peut être de bien et d’intéressant. Il aura accès à sa pensée, rien de moins, et non à la pensée qui lui est imposé.

Une parenthèse : en dehors de ma non-oralité, je me demande souvent si le NeuroTypique cessera un jour de parler tant et si peu, s’il sera capable de se taire et en paix, s’il pourra écouter et sentir.

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