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Mon parcours d’autiste non-oralisant entre institutions et solitude

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Mon histoire a commencé quand j’étais petit, a l’école maternelle une professeure avait remarqué un comportement différent chez-moi des autres puis plus tard j’ai été diagnostiqué autiste, j’ai commencé à faire du mutisme sélectif jusqu’à l’âge de 7/8 ans avant de perdre totalement l’usage de la parole au moment ou ma mère s’est absenté de la maison pendant quelques jours pour des raisons médicales, jusque là on ne sait toujours pas les causes de la perte de la parole, pendant mon enfance on m’a fait consulté plusieurs psychologues/psychiatres avec qui j’ai eu quelques suivis, on m’a fait passé des tests psychologiques, génétique, IRM etc… mais les tests n’ont pas données de réponse,

Plus tard on m’a redirigé vers un hôpital de jour ou j’y suis resté pendant presque 8 ans a ne rien faire, quelques années après une psychiatre m’avait  diagnostiqué schizophrène puis m’a mis sous traitement neuroleptique (risperdal). Je ne savais pas si je l’étais réellement mais ma mère elle n’y a jamais cru.

Je me suis rendu compte bien plus tard des effets secondaires sur mon corps quand ma poitrine est devenue plus grosse que la moyenne tout en ayant un corps normal.

Avant l’hôpital de jour j’ai suivi ma scolarité jusqu’à l’école primaire, à ce moment j’étais un enfant extrêmement timide et fermé sur moi-même je ne saurais pas expliquer pourquoi, je me souviens qu’il fallait me tirer par le bras pour me déplacer aller en classe ou dans la cour de l’école mais je travaillais quand même en classe, j’ai fini par redoublé ma classe de CE1, face au difficultés rencontrés le directeur de l’école avait essayé un jour de me mettre dans la même classe de mon petit frère comme potentiel soutient mais ça n’a jamais pu se faire, puis les choses se sont lentement dégradés, dans un premier temps avec l’accord du psychiatre de l’hôpital et du directeur de l’école l’emploi du temps a été partagé entre 2 jours à l’école et 3 jours en HDJ jusqu’au jour où ils ont décidé de me retirer complètement de l’école et de finir en HDJ en grande partie à cause de mon mutisme qui devenu insupportable pour eux je pense.

Après ça je n’ai plus rien appris niveau scolaire, tout ce passait exclusivement à l’hôpital de jour, on faisait des activités éducatives, ludiques, psychomotricité et autres mais on avait que 1 ou 2 heures de temps scolaire par jour avec un prof… et c’est tout 🤷🏻

Je suis resté dans cette endroit pendant presque 8 ans jusqu’à ce que les relations se dégradent, j’ai commencé à faire des crises de colères parfois extrêmes, je désobéissais au adultes et au règlement de l’établissement, et évidemment ça m’a valu des accrochages voire des bagarres avec les éducatrices le chef de service et même la directrice mais étant en HDJ  je n’ai jamais été réellement viré.

Un jour je suis parti un matin de la maison j’ai disparu une journée entière sans que personne ne savait où j’étais, ma mère était littéralement en pleurs tellement inquiète ce jour là qu’avec l’aide de la directrice elles avaient commencé à faire des recherches dans le quartier ou je pourrais traîner, elle était même prête à lancer un avis de recherche au commissariat, en réalité j’étais même pas sorti de mon immeuble j’étais simplement monté au tout dernier étage assis dans les escaliers attendant que la journée passe mais c’est finalement mon grand frère qui m’a retrouvé,

Après toutes ces déboires ma mère à pris la décision unanime de me retirer définitivement de cette établissement contre leurs l’avis médical sachant qu’ils voulaient encore me garder plus longtemps, a la fin nous recevons une lettre de la directrice rappelant une dernière fois à ma mère que j’avais toujours besoins de “soins“ sans vraiment comprendre le sens de cette phrase a l’époque.

Vers la fin de l’année un proche de ma mère qui a un fils autiste nous avait suggéré d’essayer l’IME ou aura lieu un essai de 3 semaines dans un établissement à Paris.

Mon expérience en IME, je détestait déjà cette endroit, tout les matin j’étais récupéré par un “taxi“ qui m’emmena dans cette IME, sur place j’ai commencé a adopté une posture fermé la tête toujours baissé avec ma capuche que je gardais toute la journée pour pas voir mon visage, j’errais lentement dans les couloirs à ne rien faire en gardant toujours la même posture, il fallait presque me traîner par le bras pour me déplacer, je ne mangeais quasiment pas de la journée a en perdre quelques kilos, une éducatrice avait même menti à ma mère en disant que j’avais mangé tel jour.

Un jour j’ai été victime de violences physique d’un membre de l’équipe lorsque qu’en activité de groupe je me suis isolé dans un coin face à un mur, un éducateur m’a balancé un objet lourd derrière la tête et sait mis a me crier dessus probablement mécontent de moi, un autre jour encore dans un couloir j’étais assis dans un canapé avec la même posture, une personne ma littéralement frappé en passant à côté de moi, bref on me forçais à faire des activités que je ne voulais pas,

le temps passe la même routine la même souffrance puis un jour sur un coup de tête j’ai décidé de rester chez moi et de ne pas m’y rendre là bas mais c’était sans compter les menaces que j’allais recevoir, ce même jour ils ont appelées a la maison avec comme intention de m’interner si je revenais pas, pris par la peur j’ai décidé d’y retourner (me soumettre) pendant les jours restants.

Arrivé a la fin de la période d’essai, la responsable de l’établissement décide d’entamer les démarches d’inscription alors qu’il s’agissait que d’un essai de base d’autant que mes parents en voyant mon état on clairement compris que c’était pas le bon endroit pour moi.

Le pire dans tout ça face au refus de ma mère l’IME a commencé à nous harceler avec des lettres de menaces à la limite du procès en justice en accusent mes parents de délaissement ou je ne sais plus quoi et finalement avec l’aide d’une association ont n’a plus jamais entendu parler d’eux.

Bref j’ai gardé vraiment une très mauvaise expérience de cet endroit et aussi une certaine haine après avoir été traité de la sorte.

Plus tard s’en ai suivi 2 ans d’inactivité, mes parents ont cherchés d’autres associations pour m’aider à réintégrer le système scolaire, après des démarches auprès de la MDPH, j’ai été intégré dans un lycée dans ce qu’on appelle l’ULIS plus tard accompagné d’un AVS, tout c’est très bien passé, les cours qu’on nous donnait étaient très facile du moins pour moi, je ferais aussi mon tout premier stage a la RATP ou tout s’est très bien passé même si je n’avais presque aucune interaction avec les autres employés toujours à cause de mon mutisme,

L’année d’après j’ai changé pour une autre classe ULIS ou là encore les choses étaient plutôt facile à mon goût avec une nouvelle fois le même stage à la RATP parce qu’au final ça me plaisais bien de travailler autour du ferroviaire,

Puis la rentré septembre j’avais été orienté cette fois-ci dans une classe normale dans le but d’acquérir le BAC par rapport aux souhaits(voeux) que j’ai fait dans le précédent lycée, on m’avait mis dans une classe avec 9 élèves, cette classe apparemment était en lien avec la Marine Nationale j’ai jamais compris pourquoi on m’a mis là mais bref…

Mais comme j’ai arrêté l’école en primaire et que je n’ai jamais été ni au collège ni lycée j’ai été très vite rattrapé par la réalité, le gigantesque retard que j’avais avec les autres et des matières en classes que je n’avais jamais appris avant,

Exemple toute bête, je n’ai jamais touché à la science ni au mathématiques je ne sais même pas ce qu’est une équation, au niveau du langage j’ai parfois du mal à trouver les bons mots quand j’écris, ma façon de m’exprimer peut paraître moins bien dans le sens ou mon langage/vocabulaire n’a pas vraiment évolué et des fois ça peut ce voir mais j’en suis pleinement conscient.

J’étais aussi accompagné d’un AVS mais ça ne changeait rien au fait que j’échouerais complètement, au bout du compte j’ai tenu 3 mois dans cette classe avant de tout abandonner la même année et de retourner chez-moi à ne rien faire le reste de l’année.

L’année d’après j’ai été intégré dans un dispositif qui s’appelle MAVIP (Module d’Accompagnement Vers L’Insertion Professionnel) l’objectif était d’apprendre au jeunes en situation de handicap comment être le plus autonome, faire et envoyer des CV, passer des entretiens, coaching individuel, se repérer dans la rue etc. on a fait aussi quelques activités en classe, sorties culturels mais on nous a aussi fait visiter plusieurs ESAT dont on nous parlait déjà en classe ULIS, nous avons même reçu la visite de la ministre de l’éducation nationale de l’époque.

Tout s’est plutôt bien passé jusqu’à la fin avant de redevenir inactif pendant 2 ans ou j’ai fini par trouver un stage d’une semaine dans une entreprise de recyclage de matériel informatique, j’aimais plutôt bien cette activité mais par manque de place je n’ai pas pu être embauché.

L’année suivante, cap emploi m’a redirigé vers une autre association dont leurs travail était presque similaire au MAVIP, j’étais toujours dans l’optique de trouver un emploi mais en voyant mon état mental se dégrader qui était en fait ma dépression + le covid arrivant ils m’ont juste aidés à trouver une psychologue en libéral puis j’ai mis fin au contrat avec cette asso l’année du covid.

Dans le même temps, mon ancienne psychiatre m’a introduit à un atelier thérapeutique, j’y allais 1 fois par semaine puis j’ai arrêté car activités un peu trop répétitif à mon goût mais j’y pense peut-être y retourner.

Et depuis me voilà aujourd’hui toujours seul à végéter chez-moi, entre la solitude, le manque d’intérêt pour tout et cette foutue maladie chronique qui m’a détruit le cerveau j’ai l’impression de perdre encore plus mes capacités mentales.

Quand je repense à tout ça, ça m’angoisse énormément parce que j’ai complètement gâché le début de ma jeunesse a ne rien faire aussi bien socialement que professionnellement, mais il y a toujours cette partie en moi qui veut rattraper le temps perdu, ce besoin d’un nouveau départ.

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