Pendant sa campagne, Patrice Bessac a présenté dans sa lettre aux Montreuillois·es la justice sociale comme “boussole”, défendant le droit à vivre dignement, sans subir de violences ni de discriminations. Il a rappelé que ces droits fondamentaux se jouaient à l’échelle des politiques de la ville, exigeant “une action publique déterminée et une attention constante aux plus fragiles”.
La contradiction entre les valeurs affichées et la politique du handicap de la ville de Montreuil ces dernières années est flagrante.
CLE Autistes mène des activités à Montreuil depuis plusieurs années, et est impliqué dans sa Commission Communale pour l’Accessibilité.
Pour nouveau ce mandat de Patrice Bessac, nous attendons un réel travail sur la lutte contre les discriminations validistes et psychophobes, la prise en compte de la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées dans les politiques de la ville, la désinstitutionnalisation, ainsi que le soutien à l’auto-représentation des personnes autistes.
Il est urgent de former les élus et les agents aux droits des personnes handicapées !
En 2024, la ville rapporte avoir proposé plusieurs actions de sensibilisation au handicap, et notamment à l’autisme dans les accueils de loisir. La sensibilisation au handicap n’est pas suffisante, et peut même être contre-productive car elle se focalise sur la compréhension d’un vécu individuel, plutôt que sur la responsabilité collective d’inclusion.
Le respect des droits des personnes autistes, et plus largement des personnes handicapées, ne doit pas reposer sur la bonne volonté individuelle de quelques personnes “sensibilisées”.
C’est une question de droits qui doit être traitée comme telle.
Le conflit d’intérêt des associations gestionnaires doit être dénoncé !
Loin de s’en préoccuper, la ville se félicite ces dernières années de partenariats avec des associations gestionnaires d’établissements médico-sociaux. La municipalité encourage le développement de ces associations en contribuant à agrandir des établissements, plutôt qu’en travaillant à développer de véritables solutions pour la vie autonome.
Cette politique contribue à renforcer une intolérable ségrégation des personnes handicapées. Elle est en contradiction directe avec les exigences de l’ONU concernant la désinstitutionnalisation.
L’auto-représentation est primordiale !
Nous continuerons de le rappeler : les associations gestionnaires d’établissements médico-sociaux ne sont pas représentatives des personnes handicapées.
Les projets de la municipalité sur le handicap doivent être réalisés dès le départ avec des associations sans conflits d’intérêts, non gestionnaires d’établissements, et dirigées par des personnes premières concernées. La consultation citoyenne ciblant les personnes handicapées est également un outil à mobiliser, en complément de la sollicitation des associations.
Nous regrettons l’absence de retour de la part de l’équipe de M. Bessac concernant notre charte pour les municipales.
Nous nous tenons disponibles pour avancer sur les trois sujets qui sont pour nous des priorités :
- la formation anti-validiste
- la désinstitutionnalisation
- le soutien à l’auto-représentation
Rien pour nous sans nous !
