Un séjour à l’hôpital psychiatrique de Limoges

Le Centre Hospitalier psychiatrique de Limoges. © F3limousin

Témoignage de Olivier, 25 ans

De Mars 2015 jusqu’en Mi-Mai 2015, j’ai été hospitalisé à la demande d’un tiers (mes parents) dans un centre hospitalier psychiatrique de Limoges, car j’étais en période de crise dû a mon travail de l’époque ( Surveillant B.N.S.S.A).

Je ne parlais plus ou très peu, j’étais comme bloqué dans ma bulle et mes idées allait très vite dans ma tête sans que je ne puisse en choisir et les trier une par une pour en sortir une. Ma famille impuissante à cet époque m’a envoyé la-bas ne sachant pas comment m’aider et n’ayant pas les outils pour ça.

J’ai été ensuite conduit dans une unité qui m’a observé sur une demi journée, puis une nuit.

J’étais tellement fatigué et inquiet du lieu où je me trouvais, que mon esprit essayant de trouver réponse à tout ce qui se passait ( autour de moi comme les infirmiers ou psychologue qui m’assénait de questions et de choses dans la tête) mon cerveau s’est mis à me faire voir des personnes qui n’y étaient pas, des odeurs parfois même des impressions et cris derrière les cloisons des murs etc … 

Bref je n’osais même pas me lever pour aller aux toilettes, le lendemain matin après des doses importante d’Olanzapine, je me retrouve avec ma propre urine sur le lit, je passe donc à la douche en essayant de faire abstraction autour de moi  sauf qu’un infirmier minable faisait des aller retour dans la chambre et au niveau de la salle de bain. Il m’inquiétait de plus belle et m’oblige donc à me presser. Au final, je sors de la salle de bain ( en caleçon ), puis pour comprendre pourquoi il se précipite dans la pièce et me pose les même questions.

La je prends  » peur « , il me fait attacher et monter dans une autre unité en isolement où il finissent par me libérer de mes liens ( inutiles) je n’étais absolument pas violent et à ce moment là pour éviter de me refaire dessus mon esprit me rappelle a l’ordre. J’ai envie d’aller aux toilettes, 2éme fois depuis que je suis arrivé. Mais, j’ai encore plus peur car je vois des gens m’observer ici me regarder et je repère une caméra qui filme mes faits et gestes h24 du coup je n’ose rien demander j’ai peur encore plus . Je me replies sur moi-même je pense à ma vie et je me pose les questions suivantes : vais-je m’en sortir où mourir ici? Je n’avais pas encore revu mes parents à ce moment là. Les heures passent puis je me refais dessus. Le lendemain matin même punition on me « lève » je prend une douche très vite car même l’endroit où je prends ma douche ne me rassure pas, c’était une pièce lugubre sans lumière ou presque, je me croyais en prison.

De peur d’être enfermé dans cette pièce étroite , ( certainement à cause de l’endroit qui me fait paniquer plus que de me calmer), je sors après une douche flash, je regagne mon lit pour me changer. Je passe les repas horribles qui me donnent pas l’envie de remanger convenablement ( je devais faire moins de 80 kilos pour 190cm). Plusieurs fois un psychiatre viens me questionne du pourquoi me suis-je retrouvé dans cet état, puis à la fin repart avec les quelques mots que je lui avait dit sans grand sens car j’étais perdu dans le flots d’idée noires de crainte et de comprimés .

Un jour mon père arrive accourt vers moi, m’embrasse sur le front puis me serre fort dans ses bras en tombant en pleurs sur moi. Je ne comprends pas tout ce qui se passe, à cet instant : il me regarde les yeux rougis par le chagrin. Je ne réagis pas trop encore même si en moi je me réjouis de le revoir , je lisais dans ses yeux une profonde inquiétude , je finis par le serrer a mon tour et lui dis quelques mots : papa… J’ai peur… ( ici en autres)

C’est encore flou en moi tout ce que j’ai pu dire a cet instant ce que je sais c’est que je n’avais jamais été aussi heureux de revoir mon père a cet instant . on m’avait traité tel un animal comme si j’étais violent et ou dangereux . J’ai finis par comprendre que mes parents n’avaient même pas été informés de mon déplacement en unité FERMée par l’hôpital .

Je finis par rejoindre les autres dans l’aile d’à coté pour manger, je fais la connaissance de jeunes, de moins jeune avec des pathologies et surtout des problèmes pour la plupart différents des miens . Après m’être joint à eux je finis par retirer ce bracelet plastique qui me gêne tant et me fait penser que je suis une étiquette . Plus tard avec les médicament et l’enfermement , je rechute , j’ai peur mes yeux sont continuellement humides je finis par avoir des effets secondaire type vertige mal être etc. surtout les paupières irritées je voyais comme bleu , flou bref mal.

Mes parents étaient venus ce jour là, j’étais à deux doigts d’abandonner tout combat pour la vie, dans ma tête je pensais à ne pas me réveiller le lendemain … J’ai demandé, sans être trop explicite envers mes parents, un bouquet de fleurs. J’abrège le séjour où je me sentais perpétuellement surveillé, fliqué, interdit de sortie de plus d’une demi journée, si déjà elle était accordée et permise .

Vers la fin sans même avoir vraiment le choix on m’apporte un plateau à roulette  avec un carton qui contenait une seringue et un produit ; Abilify 400mg en injectable retard . La totale. En faite on me dit que j’y aurais droit tous les mois et ce certainement … enfin plutôt jusqu’à la fin de mes jours . On me fait croire que j’aurais fait une décompensation de la maladie du trouble Schizoïde, chose dont je ne crois pas une seule seconde .

Je pars enfin de ce lieu Macabre et Glauque un 19 mai . Je ne reconnaissais quasiment plus rien chez mes parents comme si je n’était pas revenu depuis 10 ans . Mais je me sentais plus serein d’en être sorti.

Après ce « séjour », je me suis juré de me battre contre cet acharnement hospitalier en milieu psychiatrique. Mes parents aussi ne souhaitent pas même en cas de baisse de morale que j’y retourne. Entre temps, j’ai fais la connaissance d’un spécialiste de l’autisme et Asperger sur la ville de Limoges qui a su m’aider et m’aiguiller sur ma vie mes choix. Il m’a aidé surtout à me fondre dans la masse pour savoir me défendre face à certaines institutions. Cette personne m’a fait plus évoluer en 3 ans de vie qu’en 22 ans passés aux mains de psychologues-psychiatres pour jeunes et enfants dans les centres éducatifs pour personne atteinte de problème sociaux et psychologique.

Il ne s’agissait en fait que de mon fonctionnement à moi. Il a fallu 11 ans pour trouver ce que j’avais. Il a fallu près de 22 ans pour que je finisse par trouver une personne me comprenant et m’aidant a vivre avec ma différence au lieu de me dire que j’étais malade et qu’il fallait que je me soigne ( à coup de traitement médicamenteux ).


Aujourd’hui, j’ai donc 25 ans je suis diplômé, je vie dans une résidence avec ma compagne. Cela fait maintenant plus d’1 an et même si la vie est dure, que la vie professionnelle est encore compliquée pour moi, tout le reste est quasiment réussi et je vis une vie bien remplie d’amour et d’encouragement.

A l’heure actuelle, je suis encore sous abilify 10 mg

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décembre 15, 2019

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