Ici Londres.


Ici Londres.


Les autistes parlent aux autistes.


Les autistes parlent aux autistes.


Non, nous ne sommes pas à Londres. Par contre, vu le sort qui est réservé aux autistes en France, nous sommes bel et bien en résistance.


Considérés comme des sous-citoyens, privés de nos droits les plus élémentaires, maltraités, enfermés, drogués par les institutions spécialisées et psychiatriques, déshumanisés par la psychanalyse, souvent empêchés de parler par ceux-là même qui disent défendre l’autisme, nous n’avons pas d’autre choix que d’être en résistance.


Et pour pouvoir résister un petit peu mieux, nous avons crée l’association CLE-Autistes : le Collectif pour la Liberté d’Expression des Autistes.


Nous pensons que les autistes doivent s’organiser par eux-mêmes et créer leurs associations, s’ils veulent un jour vivre dans un monde qui leur permette autre chose que la simple survie. En suivant cette idée, et puisque nous pensons qu’une seule association (la nôtre ou une autre) ne réunira jamais tous les autistes, notre première décision fut de dire que nous ne sommes pas représentatifs de tous les autistes : nous n’avons pas cette prétention et ne représentons que nous-mêmes.


Et non, nous n’avons pas toutes les clés de l’autisme (qui les aurait ?).


Cependant, nous sommes autistes.


Nous vivons l’autisme de l’intérieur, chaque jour, chaque heure et, si nous ne détenons pas LA clé de l’autisme, nous en détenons forcément quelques-unes. Et nous ne faisons, nous, aucune distinction dans l’autisme : il n’y a pas des autistes « lourds » d’un côté et des autistes « légers » d’un autre, il y a des personnes autistes avec des besoins spécifiques propres à chacun. Il y a des personnes autistes dont les droits fondamentaux et l’expression sont bafoués au quotidien.


Nous ne prétendons pas non plus détenir la vérité sur l’autisme (chacun est libre de croire ce qu’il veut), mais qui, mieux que des autistes, pourraient vous parler d’autisme ? Quand nous nous réveillons, l’autisme est là. Quand nous mangeons, travaillons, parlons, écrivons, souffrons, dormons, l’autisme est toujours là et ne nous a pas quitté de la journée. Nous sommes autistes, et l’autisme fait partie de notre identité.


Et même si nous ne détenons pas LA vérité, nous savons tout de même deux-trois choses sur l’autisme :


– L’autisme ne se guérit pas, quelque soit le traitement miracle proposé ou le bouquin vendu. L’autisme n’a jamais été guéri et ceux qui vous diront le contraire vous mentent.


– L’autisme n’est pas une maladie, ni une fatalité, ni une tare à éradiquer. L’autisme est un ensemble de conditions humaines avec des besoins spécifiques qu’il faut accompagner dans le respect et avec le consentement des personnes autistes.


– Les personnes autistes évoluent. Tout comme les personnes non autistes, nous apprenons, nous progressons, nous évoluons. Mais il n’existe pas de méthode miracle, la clé est le respect de la personne autiste. La clé est d’écouter les personnes autistes, enfants et adultes, quand bien même celles-ci n’ont pas accès à la parole. La parole n’est qu’un moyen d’expression parmi tant d’autres et il y en a de multiples qu’il faut développer et rendre accessibles.


Nous ne dirons pas que les choses sont simples ou faciles. Nous ne promettrons rien, nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là pour défendre notre liberté d’expression et nos droits.


Et c’est ce que nous ferons.

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