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Budget handicap de Paris : entre annonces et réalité

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Le budget handicap voté au Conseil de Paris (15–18 juillet)

  • 47 % pour les associations gestionnaires de structures ségrégatives
  • 40 % pour les associations non auto-représentées
  • 13 % pour les associations réellement auto-représentées des personnes handicapées

Nous entendons que ce budget soutient des associations œuvrant pour une société antivalidiste.

Pourtant, la majorité des financements est attribuée à des associations non auto-représentées et spécialisées.

Les confusions persistantes autour de la définition des associations auto-représentées empêchent d’avancer vers le Paris antivalidiste que nous appelons de nos vœux.

CLE Autistes continuera à mettre en regard les annonces et les réalités budgétaires.

Qu’est-ce qu’une association auto-représentée ?

Selon la Convention de l’ONU, il s’agit d’une association dont les instances décisionnelles sont composées à plus de 50% de personnes handicapées.

  • Associations conformes : FNATH, ARDDS, France Acouphène, Action Handicap France, la Maison Perchée, Advocacy Paris, Les auxiliaires des aveugles.
  • Associations non conformes : Agir et vivre autisme, ADAPEILA Loisirs Pluriel, Le Papotin – Fenêtre sur la Ville, Turbulences, UNAFAM, Les papillons blancs de Paris, APF, Toupi, Handina mik, AFTC.

Pour le reste, la délégation à des associations spécialisées pour organiser des activités adaptées (jeux, sport, musique, loisirs) oriente les financements vers des dispositifs spécialisés plutôt que vers la mise en accessibilité des services publics, contrairement aux principes de la Convention de l’ONU. 

Nous nous réjouissons que l’habitat inclusif soit désormais présenté comme un outil de désinstitutionnalisation. Le terme est cité pour la première fois au Conseil de Paris.

Nous souhaitons maintenant des réponses concrètes :

  • Combien de personnes seront concernées ?
  • Les habitats seront-ils mixtes ou ségrégatifs?
  • Qui assurera l’accompagnement ?
  • Les horaires du personnel permettront-ils une réelle vie autonome ?
  • Les habitants pourront-ils entrer et sortir librement ?
  • Pourront-ils choisir la personne qui les accompagne ?
  • Les associations auto-représentées pourront-elles visiter ces habitats ?

La désinstitutionnalisation implique des parcours de sortie des institutions. Comment ces parcours seront-ils suivis ?

L’habitat inclusif n’a de sens que s’il permet de sortir des institutions.

Sinon, il risque de déplacer vers ces dispositifs les personnes ayant le moins besoin de soutien, comme cela a déjà été souligné par le Comité de l’ONU en 2021. 

Si cette politique relève réellement de la désinstitutionnalisation, les places libérées en institution doivent être gelées selon un moratoire, conformément à la Convention de l’ONU.

Selon la Convention de l’ONU, une institution spécialisée se caractérise notamment par le fait que :

  • il n’existe pas d’alternative ;
  • on ne choisit pas la personne qui nous accompagne ;
  • l’usager s’adapte à l’organisation, et non l’inverse ;
  • les règles sont décidées sans contrôle des usagers ;
  • l’accompagnement est limité dans les horaires, les activités ou le lieu de vie ;
  • le personnel est partagé entre plusieurs usagers ;
  • les usagers sont au bas de la hiérarchie.

Ces critères concernent encore une majorité du secteur médico-social actuel.

Pour les sept prochaines années, un Paris réellement antivalidiste doit inverser cette tendance.

Il doit renforcer la place des associations auto-représentées et mettre fin aux conflits d’intérêts dans sa politique du handicap, conformément à la Convention de l’ONU.

À l’approche de la prochaine évaluation de la France par l’ONU, à laquelle les organisations auto-représentées contribueront, Paris a l’occasion de montrer l’exemple.

Nous sommes prêts à y contribuer.