ABA comme apprentissage de la conformité et de la soumission, partie 3

Partie 3 de la traduction de Michael H  par les bénévoles du collectif. Partie 1 et partie 2.

Extrait de la BD canadienne « Les petites victoires ». Un père force au calins et aux bisous alors que son fils autiste est en crise. « Il accepte pour la première fois que je le serre dans mes bras, c’est une double victoire ».

Ma dernière plainte est un problème universel avec ABA comme il est pratiqué. C’est une thérapie basée sur la conformité. Par conformité, je veux dire que quand le thérapeute te dit de faire quelque chose, aussi stupide, dénué de sens ou impossible qu’elle soit, tu le fais. Tu obéis. Tu n’as pas le choix. La formation à la conformité conditionne les enfants à faire tout ce qu’une “autorité” leur dit de faire, peu importe ce que c’est.

Réfléchissez à ce que cela veut dire. Quand un praticien travail avec un enfant, l’enfant suit les ordres, comme l’indique la citation de Unstrange Mind ci-dessus. (ainsi qu’ici).

Nous exigeons de nos enfants autistes de se conformer à l’archétype que l’on veut. On leur exige de nous regarder dans les yeux. On leur exige de rester assis sans bougeotte. On exige que les 4 pieds de chaises restent au sol avec les mains sur la table en cours. On exige qu’ils utilisent les pronoms couramment à l’oral. Mais ce sont les objectifs. On n’a pas de choix. Alors ils ont le choix :

  • (1) conformité et s’amuser (ou ne pas se sentir anxieux l’espace de quelques instants)
  • (2) résister et se faire punir. Si l’enfant montre qu’ils ont une bonne raison pour faire un comportement inoffensif mais étrange ou excentrique, ils apprennent qu’ils ont tort.

En fait, on leur apprend que toute individualité est problématique. Et donc doit être évité.

J’ai peur des répercussions de cette niveau de conformité. Un excès de confiance dans la formation à la conformité comme une thérapie primaire pour l’autisme entraînera probablement une épidémie d’adultes autiste victimes de prédateurs de toutes sortes: sexuels, financiers, commerciaux, propriétaires, etc. Ils savent peut être que le système n’est pas bon, mais après une vie de conditionnement, ils seront seulement heureux et apaisés quand ils suivent les ordres des autres

Avertissement: La section ci-dessous mentionne des abus sexuels des autistes et d’autres personnes handicapés. 

Vulnérabilité aux abus en tout genre

Plus tôt cette année, je lisais les statistiques et j’ai trouvé quelque chose qui m’a laissé bouche bée. Je citerai une partie d’un des documents que j’ai lu (j’ai regardé aussi les sources citées dans ce document). 

Plus de 90 pourcent des personnes avec des handicaps développementaux seront victimes d’abus sexuels pendant leur vie. Quarante neuf pourcent seront victime de 10 ou plus d’incidents d’abus sexuel. (Valenti-Hein & Schwartz, 1995). D’autres recherches suggère que 39 à 68 pour cent de filles et 16 à 30 pour cent de garçons seront victimes d’abus sexuels avant leur majorité. La probabilité d’être victime de viol est atterrant: 15000 à 19000 de personnes avec des handicaps développementaux sont violés chaque année aux Etats-Unis (Sobsey, 1994).

Les personnes avec des handicaps développementaux ne se rendent peut être pas compte que l’abus sexuel est une violence, anormal et illégal. Par conséquent, ils ne signalent peut être jamais à personne des situations abusives. Des personnes avec et sans handicaps ont souvent peur de parler ouvertement d’expériences si douloureuses vu la risque de ne pas être pris au sérieux. Ils apprennent typiquement à ne pas questionner les soignants ou d’autres personnes en positions d’autorité. Malheureusement ces personnes sont celles qui commettent les abus. Plusieurs programme d’éducation spécialisée (aux handicapés) encourage les élèves de se conformer à une gamme étendue d’activités de la vie courante, ce qui augmente la vulnérabilité des enfants. (Turnbull, et.al., 1994)

 Un message posté par un parent qui considérait les mauvais effets de la formation à la conformité sur les droits de sa fille autiste. Je la laisse parler pour faire ce point :

…Je ne laisserais jamais personne forcer mon enfant de se conformer. Je m’en fous de ses capacités cognitives, sauf si elle est en danger ou met en danger autrui, elle a le droit de dire “non”. Et comme toute autre personne, il y a des conséquences quand on dit non. Parfois les conséquences sont négatives — ne pas avoir la satisfaction immense de percer les bulles du papier d’emballage. Et parfois elles sont bonnes — ne pas subir des abus.

ABA ou alors…? 

Je n’ai pas une solution claire de comment on peut boucher le vide si et quand ABA n’est plus utilisé. Pour être honnête, mes expériences avec mon frère jumeau et d’autres personnes autistes m’ont montré qu’il n’y a pas de solutions magiques. Chaque enfant a une gamme unique de défis. Comme l’a dit Linda Brandenburg, “Si vous avez rencontré un enfant autiste, alors vous avez rencontré un enfant autiste.” Alors, arrêtons de caser les enfants dans un stéréotype facile d’autisme.

Mon opinion est qu’il faut penser de la même manière avec nos solutions. Il n’y a pas de raison pour favoriser une approche par dessus les autres. Les praticiens bienveillants et parents peuvent travailler ensemble pour développer des parcours individualisés afin d’aider leurs enfants à se lancer du bon pied. Des options existent déjà et peuvent être combinées comme il faut pour aider au mieux des enfants autistes ayant besoin d’un boost.

Il existe des alternatives, c’est la responsabilité de chacun de nous de trouver ce qui marche le mieux pour nous et pour assurer l’épanouissement de nos enfants.

février 16, 2020

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